Engagement de la France à Haïti (25.01)

’"Près de deux semaines après le terrible séisme qui a frappé Haïti, la première phase d’urgence marquée par une rapide montée en puissance des effectifs déployés sur le terrain et les opérations de sauvetage-déblaiement s’achève. L’accent est mis dorénavant sur l’assistance aux populations sinistrées", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes.

Le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner participe lundi à Montréal la Conférence ministérielle préparatoire sur Haïti. La France soulignera la nécessité de prendre en compte l’ensemble des dimensions de la reconstruction, notamment l’indispensable renforcement des capacités du gouvernement haïtien, le rôle central de l’ONU et l’engagement de l’Union européenne en appui des Nations unies.

Les moyens engagés

A la date du 25 janvier, 775 personnels français sont engagés sur le terrain : 535 personnels du ministère de l’Intérieur, 216 militaires, 15 agents de renfort du ministère des Affaires étrangères et européennes et 9 personnels du ministère de la santé. 325 tonnes de matériel sont également mobilisées.
La décrue du nombre de personnels français engagés sur le terrain s’explique par la fin officielle de la phase de sauvetage-déblaiement. C’est dans ce contexte que 154 personnels ont quitté Haïti le 23 janvier au soir. Pour mémoire, les sauveteurs français ont extrait 16 survivants des décombres.
Les neuf avions affrétés par le Ministère des Affaires étrangères et européennes ont permis d’acheminer 140 tonnes de matériel et près de 450 personnes. Par ailleurs, les cinq rotations aériennes quotidiennes entre Haïti et les Antilles ont permis d’acheminer 161 tonnes de fret humanitaire et matériels de première urgence.
Après l’arrivée à Port-au-Prince, le 19 janvier, du ’’Francis Garnier’’, bâtiment de transport léger de la Marine nationale, avec son chargement de véhicules, de tentes et de fret humanitaire, c’est le transport de chalands de débarquement ’’Siroco’’ qui a acheminé hier des hélicoptères, des équipes médicales et 800 tonnes de matériel.
A noter que les moyens d’assistance de la France ont également été mis à disposition des ONG, permettant l’accès de 63 travailleurs humanitaires et de plus de 33 tonnes de fret.
Plus de 4 800 consultations médicales ont été effectuées par les équipes médicales françaises tandis que l’hôpital de campagne, opérationnel depuis le 17 janvier, a réalisé près de 400 admissions, dont plus de 150 hospitalisations.
Pour mémoire, la France a également attribué une aide alimentaire exceptionnelle de 2 millions d’euros et contribuera à hauteur de 10 millions d’euros à l’appel éclair lancé par les Nations unies.

L’organisation de l’aide française

A Port-au-Prince, une cellule de coordination fonctionne à l’ambassade et mobilise 15 agents de renfort du MAEE. L’ambassade concentre l’activité opérationnelle et la résidence est la base de vie des équipe de secours et une zone de transit. Chacun de ces sites est sécurisé par un détachement de 18 gendarmes.
A Paris, 50 agents du Centre de crise se relaient pour coordonner l’effort français. S’y ajoutent notamment une ’’cellule adoption’’ composée de 7 agents du service de l’adoption internationale. 155 agents volontaires du MAEE se sont par ailleurs relayés pour répondre au près de 17 000 appels reçus depuis le début de la crise.

L’adoption internationale en Haïti

Compte tenu de la place occupée par Haïti dans les adoptions internationales réalisées en France, le ministère des Affaires étrangères et européennes s’est, dès le début de la crise, fortement mobilisé. 33 enfants pour lesquels la procédure d’adoption était achevée, sont déjà arrivés à Paris le 22 janvier.
A la demande de Bernard Kouchner, l’ambassadeur chargé de l’adoption internationale a de nouveau reçu, le 23 janvier, une délégation de parents actuellement en cours de procédure d’adoption en Haïti. Cet entretien a permis de faire le point sur l’important travail accompli depuis le séisme par le service de l’adoption internationale, en liaison avec l’ambassade de France à Port-au-Prince et le centre de crise, afin d’identifier la situation particulière de chacune des 914 procédures officiellement enregistrées. Au total, 857 familles se sont manifestées auprès du service de l’adoption internationale, parmi lesquelles 372 se prévalent d’un jugement concernant 424 enfants, compte tenu de l’existence de fratries.
La France entend traiter les procédures d’adoption dans le plein respect de ses engagements internationaux, notamment la Convention de La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale, et de la légalité haïtienne. Je vous rappelle à cet égard les mises en garde renouvelées de l’Unicef. Le service de l’adoption internationale et l’ambassade de France réunissent les éléments permettant de s’assurer de l’existence de ces jugements. Outre les 33 enfants rentrés à Paris le 22 janvier par vol spécial, 76 enfants pourront prochainement rejoindre la France, les jugements d’adoption étant déjà parvenus au ministère des Affaires étrangères et européennes.
Pour les autres enfants, les autorités françaises vont examiner avec les autorités haïtiennes les conditions légales dans lesquelles les procédures en cours pourraient aboutir, dans l’intérêt supérieur des enfants.
Les membres de la délégation de candidats à l’adoption ont reçu des assurances sur les efforts importants accomplis par les autorités françaises, en faveur des enfants qui se trouvent encore dans les crèches, dans un contexte qui reste difficile.’’

La communauté française

Grâce aux moyens aériens mis en place, 925 Français ont été évacués, ainsi que 653 Haïtiens, 33 citoyens de l’Union européenne et 51 ressortissants de nationalités tierces, soit un total de 1 662 personnes. Malheureusement, le décès de 24 de nos compatriotes est confirmé tandis que nous restons sans nouvelles de 10 autres Français.

Dernière modification : 17/12/2014

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