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Histoire de l’Autriche

APERÇU HISTORIQUE ET POLITIQUE

L’empire autrichien

Si l’Autriche apparaît aujourd’hui comme un petit pays par sa population et son poids économique et géopolitique, notamment en comparaison de son voisin allemand, il ne faut pas oublier qu’elle fut l’un des principaux acteurs de l’histoire européenne jusqu’au début du 20ème siècle.

Les Romains avaient déjà occupé une large part de ce qui est aujourd’hui le territoire de l’Autriche. L’Église catholique s’est également implantée très tôt dans cette partie de l’est de l’Europe. Salzbourg est devenu archevêché en 798. C’est en 996 que l’on trouve la première mention du terme "Ostarrichi" d’où vient le nom du pays. La dynastie des Babenberg règne sur l’Autriche jusqu’en 1246. C’est alors qu’apparaît la famille des Habsbourg, qui dirigera le pays sans interruption jusqu’en 1918. L’Autriche est alors, dans le cadre du Saint-Empire romain germanique, puis dans l’empire autro-hongrois, l’une des puissances importantes de l’Europe pendant les siècles qui suivent, mais du fait de sa situation géographique elle doit subir la menace des Turcs jusqu’à la fin du 17ème siècle.

La France et l’Autriche se trouvent très souvent dans des camps opposés au cours de l’histoire. Ainsi, c’est Napoléon qui abolit le Saint-Empire romain germanique (voir : www.histoire-empire.org ). D’autre part, ce sont les idées véhiculées par la Révolution française qui vont provoquer l’éveil des peuples de l’empire des Habsbourg et contribuer à son déclin. Cependant, pendant le 19ème siècle, l’Autriche reste l’une des principales puissances européennes. Mosaïque de langues et de peuples, elle ne participe pas au mouvement d’unification germanique de la fin du siècle et subit une humiliante défaite devant la Prusse à Sadova (1867).

La Première guerre mondiale est déclenchée par l’assassinat du prince François-Ferdinand, héritier du trône, à Sarajevo, le 28 juin 1914. La fin de la guerre marque également la fin de l’Autriche en tant que grande puissance. Les traités de 1919 inscrivent l’Autriche dans ses frontières actuelles, sans rapport avec celles de l’empire des Habsbourg. L’Autriche de l’entre-deux-guerres est une petite République ruinée, à la recherche de son identité.

La Seconde guerre mondiale

En 1938, l’Autriche se trouve annexée par l’Allemagne dans le cadre de l’Anschluss. Après la défaite nazie, les Autrichiens s’efforcent d’apparaître comme les premières victimes de la guerre. L’Autriche subit une période d’occupation quadripartite par les armées soviétique, américaine, britannique et française de 1945 à 1955. Elle est alors divisée en quatre zones et Vienne en quatre secteurs. Le Tyrol et le Voralberg sont occupés par l’armée française. Les habitants de ces deux régions ne garderont pas un mauvais souvenir de cette époque qui contribue au développement des relations entre les deux pays. Le festival de Bregenz et le séminaire d’Alpach sont alors créés sous l’impulsion de l’occupant français.

L’Autriche retrouve sa pleine souveraineté à l’occasion de la signature du traité d’État de 1955. Celui-ci est assorti d’une loi votée par le parlement autrichien proclamant la neutralité du pays.

Pendant la période de la guerre froide, l’Autriche tient une place particulière en Europe. Neutre du point de vue politique et militaire, elle fait cependant partie sur le plan économique et culturel de l’Europe occidentale. En raison de sa situation géographique, elle est amenée à accueillir de nombreux réfugiés des pays de l’est, en particulier dans les périodes de crise, révolution hongroise de 1956, répression du printemps de Prague en 1968, crise polonaise au début des années 1980. Vienne est également le siège de plusieurs rencontres entre dirigeants américain et soviétique (Kennedy et Kroutchev, Carter et Brejnev).

A la suite de la chute du rideau de fer en 1989, l’Autriche peut participer à la construction européenne et devenir en 1995 membre de l’Union européenne. La notion de neutralité qui correspondait à l’organisation de l’Europe de la guerre froide, est en voie d’être aujourd’hui redéfinie et fait l’objet de nombreux débats au sein de la société autrichienne.

L’Autriche est une démocratie pluraliste et parlementaire. Si la constitution est ‘‘présidentialiste’’ comme en France, l’essentiel du pouvoir appartient au parlement, composé de deux chambres, le Conseil national élu au suffrage universel et le Conseil fédéral qui représente les Länder. Le Président de la République est élu au suffrage universel tous les 6 ans. La structure administrative de l’Autriche est fondée sur un fédéralisme moins marqué qu’en Allemagne.

Depuis la fin du 19ème siècle, la vie politique autrichienne est marquée par la présence de trois grands courants, identifiés par des couleurs : les rouges, socialistes et communistes, les noirs, ensemble des partis chrétiens et chrétiens-démocrates, les bleus, courant qui rassemble non sans ambiguïté les libéraux et les nationalistes, tenants de la tendance pangermaniste.

Au cours de la première République autrichienne, les camps noir et rouge s’affrontent, parfois de manière violente, notamment en 1934.

L’après-guerre

En 1945, les vainqueurs de la guerre n’autorisent que trois partis autrichiens, les communistes, les socialistes et les démocrates-chrétiens. Le courant bleu, compromis avec les nazis allemands, n’est pas autorisé à participer à la vie politique.

Dès le début de la période d’après guerre, le parti social-démocrate (SPÖ) et le parti conservateur, héritier des partis chrétiens (ÖVP) s’efforcent de s’associer et mettent au point le système de la "Proporz" qui répartit entre les deux grands partis une large proportion des fonctions de haut niveau et des avantages qui leur sont attachés. Le camp bleu se reconstitue lentement et donne naissance au parti libéral (FPÖ) en 1956.

Depuis la fin des années 70, de nouveaux partis sont également apparus sur la scène politique, notamment les Verts (1978), qui tentent d’incarner sur le plan politique le mouvement écologiste, très fort dans ce pays, et le Forum libéral (LiF), fondé par des dissidents du FPÖ qui revendiquent la tradition libérale et européenne du parti en 1993.

La période actuelle est marquée par la nomination du SPÖ avec les Chanceliers Bruno KREISKY (1970-1983), Fred SINOWATZ (1983-1986), Franz VRANITZKY (1986-1987) et Victor KLIMA. Ils exerçaient le pouvoir seul (1970/83) ou en coalition (avec le FPÖ de 1983 à 1986 puis avec l’ÖVP jusqu’en 2000).

En 2000 après les élections législatives, la coalition ÖVP/SPÖ laisse place à une coalition de l’ÖVP avec le FPÖ sous le chancelier Wolfgang SCHÜSSEL.

En janvier 2007, une « Grande coalition » entre les partis SPÖ (sociaux-démocrates) et ÖVP (conservateurs) est mise en place, sous la direction du chancelier Alfred GUSENBAUER (SPÖ) et du vice-chancelier Wilhelm MOLTERER (ÖVP). Après plusieurs mois de gouvernance difficile, le vice-chancelier Molterer met fin à cette coalition en prononçant ces célèbres mots : « Es reicht ! » (Ca suffit !) qui entraîne la tenue d’élections législatives anticipées.

Lors des élections de septembre 2008, malgré de grosses pertes pour les deux partis, une coalition du même type est reconduite. Le Président de la République Fédérale Heinz FISCHER investit Werner FAYMANN (SPÖ) comme nouveau chancelier, et Josef PRÖLL, de l’ÖVP, devient vice-chancelier. Ces élections sont également marquées par une forte progression des partis populistes d’extrême droite FPÖ et BZÖ.

Le FPÖ et Jörg Haider

Le FPÖ, après avoir connu des résultats médiocres (moins de 10%) devient une force politique importante (23% aux élections de 1994), depuis qu’un jeune dirigeant charismatique, M.Jörg HAIDER, en a pris la tête en 1986. L’ascension du parti s’accompagne de la mise en cause de ses nouvelles idées par l’ensemble de la classe politique, laquelle reproche la filiation intellectuelle de M. Haider avec les mouvements pangermanistes d’avant 1945.

Plus tard, en avril 2005, le FPÖ connait une division, le gouverneur de Carinthie Jörg HAIDER fondant le BZÖ (Bündnis Zukunft Österreich), parti populiste et anti-européen pour se séparer de l’aile la plus extrême du FPÖ incarné par son actuel leader Heinz-Christian Strache.

M. Haider, figure emblématique de la droite populiste, aura été élu à trois reprises au poste de gouverneur de Carinthie de 1989 à 1991, puis de 1999 jusqu’à son décès le 11 octobre 2008, dans un accident de voiture.

L’Autriche et l’UE

L’Autriche a marqué sa volonté de rejoindre les autres états d’Europe occidentale en devenant membre de l’Union européenne le 1er janvier 1995. Le référendum sur l’adhésion, le 12 juin 1994, a vu le "oui" l’emporter par 66,4% des voix. En 2005, le parlement ratifiait la Constitution européenne. Ce pays a assuré pour la première fois la présidence du Conseil de l’Union européenne au cours du 2ème semestre 1998 et pour la deuxième fois durant le 1er semestre 2006.

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publié le 13.12.2010
 
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