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L’Autriche et la France : un engagement commun au service de la défense européenne (18.06.2012) [ de ]

Une approche superficielle pourrait faire croire que la France et l’Autriche n’ont pas grand-chose en commun en matière de défense : la France est membre de l’OTAN, elle a une armée de métier, elle a l’expérience d’engagements militaires loin du territoire national. L’Autriche est attachée à sa neutralité, elle a maintenu la conscription, elle fait porter une bonne part de son engagement sur le sud-est de l’Europe.

Notre dialogue n’en est pas moins étroit et riche. Il inclut une véritable coopération opérationnelle, en particulier à travers l’échange de cadets de nos académies militaires respectives ; ils sont les porteurs de nos relations futures et du développement de l’esprit européen de défense.

La France salue l’élection d’un autrichien, le général Wosolsobe, au poste de Directeur général de l’état-major de l’Union Européenne pour un mandat de trois ans à compter de mai 2013. Cette élection est le résultat de l’implication forte de l’Autriche dans la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), qu’elle concrétise notamment par son engagement au sein de l’opération EUFOR Althéa en Bosnie Herzégovine. Elle se prépare à la prise d’alerte d’un des deux Battle Group de l’Union Européenne au deuxième semestre 2012 aux côtés de l’Allemagne, la République Tchèque, l’Irlande, la Croatie et de l’ARYM ; elle y prendra la responsabilité de la logistique avec un contingent d’environ 350 militaires.

L’Autriche est également engagée dans des opérations sous l’égide de l’ONU (FINUL, FNUOD sur le plateau du Golan) et de l’OTAN (KFOR). L’OTAN a reconnu l’importance des ces engagements autrichiens et a souhaité la présence de l’Autriche au sommet de l’OTAN en mai, à Chicago. Elle a participé au plus haut niveau.

Le partage d’expériences similaires, en Europe et dans le monde, ont conduit Français et Autrichiens à organiser, le 14 mai dernier, un important débat académique sur la Politique de Sécurité et de Défense commune (PSDC). Organisé à l’initiative du Centre franco-autrichien pour le rapprochement en Europe (CFA) et de l’Institut français des relations internationales (IFRI), ce colloque a permis à de hautes personnalités françaises et autrichiennes du monde de la recherche et de la défense d’évaluer l’état de la défense européenne et d’envisager les pistes de poursuite de son développement.

Nous entendons bien, des deux côtés, poursuivre cette action.

Stéphane Gompertz


publié le 19.04.2013

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