La culture et l’enseignement français restent à Vienne (14.10.14) [de]

Depuis quelque temps, il est beaucoup question du Palais Clam-Gallas. A partir de là on s’interroge sur l’avenir de l’Institut français d’Autriche, voire du Lycée français de Vienne. Qu’on se rassure : ni la langue ou la culture française, ni l’enseignement français ne sont en péril à Vienne.

D’abord le Palais Clam-Gallas. Acquis au début des années cinquante dans un contexte historique tout autre, il héberge l’Institut français depuis 1981. Beaucoup y sont attachés, ce qui est compréhensible et estimable. Mais le fait est, que de par ses dimensions et ses caractéristiques, ce bâtiment prestigieux ne correspond plus ni aux besoins de l’action culturelle au XXIème siècle en Europe, ni à nos moyens budgétaires (les coûts de la maintenance et du fonctionnement sont trop élevés).

Vienne n’est pas un cas isolé. Le ministère des affaires étrangères a, comme l’ensemble du gouvernement, engagé une politique de rationalisation du patrimoine immobilier de l’Etat à l’étranger. Des immeubles abritant des ambassades, des résidences d’ambassadeurs ou de consuls généraux et des instituts culturels ont été récemment vendus. Il ne s’agit pas de mettre fin à leurs missions, mais d’améliorer l’adéquation de nos implantations et d’en accroître l’efficience.

Le ministre des affaires étrangères a donc pris la décision de vendre le Palais Clam-Gallas. Plusieurs acquéreurs se sont déjà manifestés. Les discussions sont en cours. Le futur acquéreur devra respecter les règlementations locales, notamment celles en matière de préservation des immeubles classés et des espaces verts. C’est d’autant plus important pour le lycée français mitoyen, dont l’environnement immédiat doit conserver ses qualités.

L’Institut français d’Autriche demeurera. Il sera transféré dans un autre immeuble, en cours d’identification, plus adapté à nos besoins et à nos moyens. Les secteurs d’activité de l’Institut (notamment les cours de langue) seront maintenus et leur synergie renforcée, mais les modalités d’action seront adaptées et recentrées, afin d’accroître leur valeur ajoutée, leur visibilité et leur efficience. La diplomatie culturelle doit évoluer, non seulement pour des raisons financières, mais aussi et surtout parce que les vecteurs, les techniques, les publics changent. C’est à cette condition qu’elle gardera sa raison d’être, notamment aux yeux du contribuable français, par ailleurs fort sollicité.

Le lycée enfin. Du fait de sa proximité géographique et de l’histoire, on a tendance à lier son sort à celui-ci du Palais Clam-Gallas. On aurait tort. Le lycée, établissement d’enseignement d’excellence et de référence dans le paysage scolaire viennois, est un formidable atout qu’il nous faut préserver et renforcer. Certes la vente du Palais Clam-Gallas va entraîner la perte de facilités pour certaines activités du lycée. C’est la raison pour laquelle le lycée, l’AEFE, l’Etat vont accroître et rénover son parc immobilier : construction d’un nouveau bâtiment pour des salles de classes supplémentaires, rénovation du studio Molière, aménagement d’un gymnase en semi-sous-sol. Tout ceci a un coût et l’Etat en prendra sa part.

Il s’agit de plusieurs opérations complexes, indépendantes mais en parties liées, pour lesquelles il est difficile d’établir, à ce stade, un calendrier précis. Notre intention est que les travaux au lycée commencent dans les prochaines semaines. Quant au transfert effectif de l’Institut, il pourrait avoir lieu à l’horizon de l’été 2015.

En tout cas, je m’attacherai, comme je l’ai déjà fait depuis ma prise de fonction, à maintenir un dialogue étroit et permanent avec les institutions concernées et leur personnel, avec les représentants syndicaux du lycée et les associations de parents d’élèves.

La France a la chance d’être un des rares pays à disposer d’un réseau quasi universel d’établissements d’enseignement et d’instituts culturels. C’est un atout dans la mondialisation où, ce qu’on appelle le « soft power », compte autant que l’économie ou les forces armées. Son maintien passe par son adaptation, parce que le monde change sans cesse. Je compte sur l’engagement de tous pour relever ces défis.

Pascal Teixeira da Silva

Dernière modification : 08/01/2015

Haut de page