Pour des raisons historiques et parce que certaines régions ont choisi depuis longtemps de soutenir l'innovation1, l'essentiel des acteurs des biotechnologies sont implantés à Vienne ou dans la région de Vienne (avec les technopoles de Krems et de Tulln), au Tyrol et en Styrie. La région de Vienne abrite à elle seule 75% des sociétes de biotechnologies bien établies et 80% des start-up. Par ailleurs, 70% des publications scientifiques en sciences du vivant en émanent. Or cette proximité géographique, que renforcent les centres de compétences, les incubateurs et les technopoles, profite aux biotechnologies.
Fondée en 1988 à l'initiative du BMWF2, la Société autrichienne des biotechnologies3) favorise la recherche en biotechnologies et la coopération scientifique entre le monde de la recherche et le monde industriel. Elle est secondée dans sa tâche par une seconde association issue de ses propres rangs, Austrian Biotech Industries, qui privilégie l'aspect économique de la coopération recherche/industrie.
Les deux associations organisent des manifestations et colloques, participent à la mise en place et à la coordination de projets de coopération, mettent à disposition du matériel d'information et réalisent des études de marché. Elles constituent donc des plate-formes d'information et de communication.
Le réseau NANONET-Styria et son sous-réseau BioNanoNet4 jouent un rôle local significatif, en fédérant les laboratoires et industriels styriens acteurs des nanotechnologies.
Comme indiqué, le secteur biotechnologique autrichien n'est pas né du néant, mais d'une tradition d'excellence de la recherche biomédicale locale, que cette recherche soit le fait des universités et des hôpitaux ou des firmes pharmaceutiques. Mais la prégnance de la recherche en sciences du vivant ne suffit pas à faire d'un pays un cluster biotechnologique. Le politique a dû joué un rôle et doit continuer à le jouer.
La réforme universitaire et le programme Uniinfrastrukturprogramm contribuent à l'excellence de la recherche universitaire et l'oriente vers la recherche appliquée. Le programme GEN-AU promeut la recherche coopérative. Les programmes uni:invent, Tecma et l'ensemble des instruments de l'AWS aident à la valorisation de ces résultats de recherche, déjà largement appliqués. Les premières étapes de la vie des sociétés de biotechnologies (préamorçage, amorçage...) sont ainsi financées, en théorie jusqu'à ce que le marché prenne le relais (capital-risque, puis introduction en bourse, fusion ou rachat).
Ces différents programmes sont le fait de politiques et sont articulés au niveau politique. La contribution du système autrichien d'orientation et de financement de la recherche au développement des biotechnologies doit donc être signalé.
Le RFT, en particulier, veille à ce que tous ces programmes forment un tout cohérent : programmes complémentaires, ne se recoupant pas ; présence d'instruments de financement à toutes les étapes du développement des technologies ; prise en compte du capital humain (formation initiale et continue des chercheurs) et technique (construction et modernisation des infrastructures)...
En effet, dès sa création, le RFT a considéré les sciences du vivant comme l'une des forces de l'Autriche et comme l'un des secteurs à développer en priorité (avec les nanotechnologies et les NTIC)5. Ses premières recommendations ont permis le financement ou la reconduction du financement de GEN-AU, de la compétition Best of Biotech, du programme Impulsprogramm Biotechnologie, de centres de compétences k-ind et k-plus actifs en biotechnologies, des instituts CeMM et IMBA et de la construction d'infrastructures de recherche universitaire.
La note 'Biotechnologie et biosciences en Autriche : les sciences du vivant entre science et économie'6 et la recommandation du Conseil pour la recherche et le développement technologique de février 20027 ont avalisé la création de l'Institut de génomique fonctionnelle et de protéomique de l'Académie autrichienne des sciences (IFGP) et du Centre autrichien pour les biomodèles et la transgénétique (ÖZBT). Il a également appelé à la création d'un Institut de génomique médicale (IMG) et à la mise en place de centres de recherche virtuels, volontairement plurisdisciplinaires.
Le récent rapport 'Stratégie pour le développement des sciences du vivant en Autriche'8 confirme cet engagement du RFT en faveur des biotechnologies.