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Une poussée de jeunes pousses

La valorisation de la recherche passant fréquemment par la création de start-ups, l'efficacité du système du système de valorisation autrichien peut se mesurer à l'aune de ces jeunes pousses. Or la multiplication et le développement des programmes coopératifs et des aides à la création d'entreprises ont effectivement conduit à la création de nombreuses start-up.

L'Autriche compte aujourd'hui de 100 à 150 sociétés biotechnologiques, essentiellement biopharmaceutiques.

Des sociétés à connaître

Les plus connues d'entre elles sont présentées dans les pages suivantes, en tant que partenaires scientifiques ou commerciaux potentiels des acteurs français des biotechnologies. Dresser un tel panel de sociétés biotechnologiques permet en outre de repérer les points forts des biotechnologies autrichiennes.

Les start-ups non citées pourront être retrouvées sur la base de données Austrian Biotech Company Directory1. Cette dernière, maintenue par la Société autrichienne de soutien à la recherche, répertorie les sociétés biotechnologiques et agroalimentaires autrichiennes, en fonction de leur secteur d'activité (protéomique, génomique, métabolomique, bioinformatique, synthèse peptidique, consulting biomédical...), de leur cœur de métier (services, R&D, commerce, recherche sous contrat ou production) et de leur localisation géographique. Ses fonctionnalités de recherche sont particulièrement précieuses.

NB : les start-ups présentées ont été sélectionnées pour leurs technologies (originales ou prometteuses), pour l'état d'avancement de leurs études cliniques, pour l'importance de leurs levées de fonds ou pour leur participation remarquée à des compétitions telles que BestOfBiotech.

►Igeneon [152]

La firme Igeneon, ex-start-up rachetée fin 2004 par Aphton Biopharma, développe des produits anticancéreux immunothérapiques. Son vaccin anticancéreux IGN101 est actuellement soumis à des études cliniques de phase II/III, pour être utilisé contre le cancer de l'ovaire, le cancer du poumon et le cancer du côlon métastasé. Le vaccin, composé d'anticorps monoclonaux murins mAb 17-1A, amène l'organisme à sécréter des anticorps actifs contre les molécules d'adhésion EpCAM2, les molécules mAb 17-1a et EpCAM ayant des épitopes similaires. Une seconde molécule, prometteuse, se trouve en phase II : l'IGN311. Il s'agit d'un anticorps monoclonal humanisé dirigé contre un oligosaccharide fréquemment surexprimé à la surface des cellules cancéreuses épithéliales, l'hydrate de carbone Lewis Y. Cet anticorps se fixe aux cellules tumorales épithéliales du patient et les détruit, par activation du complément et par activation des cellules effectrices cytotoxiques.

Ces produits doivent freiner le développement des carcinomes et empêcher l'apparition de métastases associées. Pour cela, ils doivent éliminer les cellules cancéreuses disséminées à travers le corps et qui peuvent subsister après le traitement du premier cancer.

►Affiris [153]

La société Affiris développe des vaccins peptidiques contre la maladie d'Alzheimer et l'athérosclérose en tirant parti de sa plate-forme technologique Affitopes/Affisorb. La plate-forme Affitopes, en particulier, crée des épitopes synthétiques pour les utiliser comme épitopes du soi et induire une réponse immunitaire.

Concernant la maladie d'Alzheimer, Affiris s'illustre en mettant au point un vaccin thérapeutique dirigé contre les protéines ß-amyloïdes, ces dérivés de la glycoprotéine membranaire APP à l'origine de la formation de plaques séniles destructrices pour le cerveau : le système immunitaire du patient vacciné g\'nère des anticorps anti-$\beta$-amyloides, qui réduisent la dimension des plaques séniles et la concentration des protéines $\beta$-amyloïdes dans le liquide céphalo-rachidien.

►Intercell [154]

Intercell développe des vaccins synthétiques, prophylactiques ou thérapeutiques, destinés à protéger de maladies infectieuses : hépatites, tuberculose, encéphalites japonaises, angines, borrélioses... Par conséquent, l'entreprise dispose de deux plate-formes technologiques : l'une identifie les antigènes appropriés, en vue de générer des vaccins intelligents ; l'autre développe de nouveaux adjuvants, afin de renforcer la réponse du système immunitaire suite à l'injection des vaccins.

Un vaccin contre la tuberculose, dérivé de la bactérie provoquant la forme humaine de la maladie, et non plus de celle provoquant sa forme bovine, est à l'étude (phase I). Ce vaccin est composé d'antigènes de surface de la mycobactérie responsable de la tuberculose, les antigènes étant produits par recombinaison puis associés à l'adjuvant IC31.

Le candidat-vaccin IC51, actuellement en essais cliniques de phase III, protègera les personnes immunisées de l'encéphalite japonaise, une infection virale entraînant des lésions cérébrales irréversibles. L'IC51 pourra alors remplacer le vaccin JE-VAX, non dénué d'inconvénients.

Le vaccin thérapeutique contre l'hépatite C IC41, composé de cinq peptides et de poly-L-arginine (IC30), se trouve pour sa part en fin de phase II. Il complètera ou remplacera le traitement actuel, parfois défaillant, qui repose sur la combinaison interféron/ribavirine.

►Austrianova [155]

L'entreprise Austrianova met au point des chimiothérapies anticancéreuses. Sa technologie phare, NovaCaps, permet de ne délivrer les substances chimiothérapiques qu'au sein des tumeurs, ce qui accroît leur efficacité, les concentrations locales étant plus élevées.

Pour le traitement du cancer du pancréas, par exemple, la technologie Novacaps consiste à administrer au patient une subtance précurseur, l'ifosfamide, puis à convertir in situ cette substance en une substance cytotoxique. La conversion est effectuée par des cellules emprisonnées dans des capsules de sulfate de cellulose, amenées jusqu'à la tumeur à l'aide d'un cathéter suprasélectif. Les cellules emprisonnées, modifiées par génie génétique, expriment l'enzyme P450, activateur connu de l'ifosfamide.

La technologie Novacaps pourrait servir au traitement d'autres tumeurs solides et à l'activation locale d'autres substances précurseurs, telles que la 5-fluorocytosine (activée par une cytosine déaminase), l'Irinotecan (activé par une carboxylestérase), la 5-DFUR (activée par une thymidine phosphorylase), la doxuribicine (activée par une carboxypeptidase) ou le ganciclovir (activé par une thymidine kinase).

Par ailleurs, Austrianova développe des thérapies cellulaires anticancéreuses utilisant comme vecteurs des rétrovirus : la technologie ViroCaps permet de délivrer régulièrement de tels vecteurs, en injectant au patient des cellules encapsulées les produisant.

►ViruSure, 'Virus & Prion Testing' [156]

ViruSure, spin-off de l'Université de médecine vétérinaire de Vienne, s'intéresse à la pureté et à la sécurité des produits pharmaceutiques (présence ou non de prions pathogènes, de virus...). La société développe des méthodes d'analyse et de contrôle de pureté standardisées, basées sur des tests Western Blot, des amplifications par PCR et des identifications par anticorps ou par cultures cellulaires. Par ailleurs, la société assiste les entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques soucieuses d'implanter des procédures de contrôle, des normes ISO ou des plans qualité.

►Mycosafe Diagnostics [157]

La spin-off Mycosafe Diagnostics GmbH s'est spécialisée dans la détection et l'élimination des mycoplasmes susceptibles d'infester les cultures cellulaires, les stocks de virus ou les produits biologiques et pharmaceutiques en dérivant.

►Innovaphyt [158]

Innovaphyt se consacre au développement de préparations à base de plantes pour la médecine vétérinaire.

►Oridis Biomed [159]

La société Oridis Biomed, spin-off de l'Institut de pathologie de l'Université de médecine de Graz, dispose d'un patrimoine unique : 3 millions de prélèvements de tissus, accompagnés d'autant de dossiers médicaux. S'ajoutent à cela les données issues de l'analyse de ces prélèvements par puces à ADN. Les échantillons de tissus, conservés dans la paraffine, peuvent ainsi être mis en relation avec le dossier médical anonymisé d'un patient. Le profil d'expression des gènes dans chaque échantillon peut ensuite être étudié.

La comparaison des nombreux profils permettra de repérer les protéines apparaissant ou disparaissant avec la maladie, pour décrypter les mécanismes sous-jacents, mais aussi pour identifier des bio-marqueurs grâce auxquelles l'évolution de la maladie et l'efficacité des traitements pourraient être évaluées.

Oridis Biomed se conçoit donc comme une entreprise de services aux sociétés pharmaceutiques : ses données doivent faciliter l'identification et la validation de cibles thérapeutiques médicalement pertinentes, puis permettre de tester l'efficacité des molécules lead, afin de réduire le temps de développement des médicaments.

►VBC-Genomics [] et Genosense [161]

Société de services aux entreprises biotechnologiques et pharmaceutiques, VBC Genomics Bioscience Research GmbH se consacre à l'acquisition et à l'analyse des données biologiques et médicales, issues de la génomique : séquençage, chimie des oligonucléotides, génétique inverse, diagnostic par biopuce, mise à disposition de micropuces à ADN (DNABind) et à protéines (ProteoBind) préactivées, services bioinformatiques...

Pour élargir et améliorer son offre de services, en particulier pour le diagnostic in vitro, la société développe des plate-formes technologiques à destination de la communauté scientifique comme du simple consommateur.

Ainsi, sa filiale Genosense Diagnostics GmbH développe et commercialise des puces SNP3 : FemSensor-Core (pour les tests de prédisposition génétique, en général), AndroSensor (pour l'andrologie), FemSensor-Pregnancy (pour la gynécologie). La puce ISAC4, elle, sert au diagnostic des allergies et des maladies auto-immunes : elle détecte la présence d'un vaste panel d'allergènes et d'immunoglobulines dans le sang.

►Biomay [162]

Biomay AG produit des allergènes recombinants pour le diagnostic et le traitement des allergies car l'utilisation d'allergènes recombinants, purs et non plus inclus dans des mélanges d'allergènes naturels, améliore la sensibilité et la fiabilité des tests diagnostics courants (tests sérologiques, tests de provocation avec suivi des réactions anaphylactiques) et rend possible le diagnostic CRD5. L'efficacité et l'inocuité des traitements de désensibilisation (traitements par immunothérapie spécifique/SIT) s'en trouvent également améliorées.

►Fibrex [163]

La start-up viennoise Fibrex Medical, fondée par le dermatologue Peter Petzelbauer, spécialiste des cellules endothéliales, dédie ses recherches à la lutte contre les inflammations et les dégradations de tissus. Son peptide anti-inflammatoire FX06 (peptide B-$\beta$15-42, dérivé de la fibrine) s'est avéré efficace contre les lésions de reperfusion6. Il pourrait également servir au traitement des septicémies, ou plus exactement au traitement des inflammations associées, excessives et conduisant à la destruction de tissus et d'organes sains, voire à la mort. Enfin, le même peptide FX06 pourrait combattre les hémorragies induites par les virus Ebola, SRAS7 et de la dengue.

►Amynon [164]

Amynon Biotech GmbH développe des anticorps monoclonaux et polyclonaux pour le diagnostic des cancers et des maladies induites par l'âge ou l'environnement. Son kit Paptec sert au diagnostic précoce des tumeurs causées par les papillomavirus (HPV E7), ces tumeurs pouvant se transformer en cancers cervicaux ou anogénitaux. Le diagnostic se fait ici sur des biopsies des tumeurs ou des biopsies Papsmear, tandis que la technologie ConTop opère sur le sérum. La présence de marqueurs tumoraux spécifiques, tels que la la M2 pyruvate kinase (TuM2PK), y est détecté, afin de diagnostiquer un cancer ou de suivre son évolution face à un traitement.

►Alcasynn [165]

Cette société biotechnologique met au point des médicaments contre la douleur, constitués de molécules de petite taille dirigées contre les récepteurs opioïdes. Alcasynn identifie des substances capables de se fixer à ces récepteurs puis les optimise jusqu'à pouvoir les licencier.

►Green Hills Biotechnology [166]

Cette spin-off de l'Hôpital général de Vienne développe des immunothérapies anticancéreuses (OncoFlu) ou antigrippales (FluVacc) faisant usage de virus modifiés. Son vaccin anticancéreux OncoFlu, par exemple, dérive d'un virus de la grippe génétiquement modifié pour attaquer et détruire les cellules cancéreuses. Le virus rendu oncolytique sera d'abord utilisé contre les mélanomes, eux-mêmes repérables grâce au produit MelVir.

La méthode de diagnostic MelVir tire parti du fait que 90% des patients atteints de mélanomes présentent des anticorps antirétroviraux anti-MERV8, comme si les séquences de ces virus étaient exprimées lors de la transformation des mélanocytes en cellules tumorales. Quoiqu'il en soit, les anticorps anti-MERV peuvent être repérés pour diagnostiquer au plus tôt un mélanome.

►Onepharm [168]

La société Onepharm, société-fille de Green Hills Biotechnology, optimise et développe des petites molécules antivirales, souvent identifiées par sa société-mère. La molécule RespiVir, encore en phase préclinique, vise les rhinovirus tandis que la glycyrrhizine, en phase I, vise le coronavirus du SRAS.

►Vitateq [169]

Vitateq contribue au diagnostic et au traitement de l'infertilité et des troubles neurodégénératifs. Son objectif ? Améliorer les procédures de fécondation in vitro en identifiant les embryons anormaux avant leur implantation, et ce sans pratiquer de biopsies. Pour ce faire, Vitateq étudie les protéines et peptides sécrétés dans leur surnageant par des embryons en culture, en espérant y trouver des marqueurs moléculaires, c'est-à-dire des molécules dont la présence ou l'absence renseignerait sur l'état génomique et biochimique de l'embryon : présence ou non d'aberrations chromosomiques, présence ou non d'aberrations chimiques compromettant le développement futur de l'embryon...

►Polymun [170]

Polymun produit des biomédicaments à partir de cultures de cellules. À son palmarès figurent des anticorps anti-VIH1 produits par des cellules CHO, de la trypsine humaine recombinante produite par des levures, des virus de la grippe atténués utilisés comme vecteurs d'épitopes du VIH ou du bacille de la tuberulose, une enzyme SOD (Cu/Zn superoxyde dismutase) recombinante produite par Escherichia coli et encapsulée dans des liposomes... En effet, la société de services Polymun dispose d'une plate-forme technologique de formulation liposomale grâce à laquelle les principes actifs peuvent être enfermés dans des vésicules phospholipidiques.

►Ars Arthro [171]

Ars Arthro Biotechnologie GmbH, filiale autrichienne de la société allemande Ars Arthro AG, produit des cartilages, des os et des ménisques artificiels, en cultivant des cellules du patient sur des matrices tridimensionnelles. La technologie exploitée, dénommée CaReS9 et développée par l'institut allemand IGB10, consiste à faire croître des cellules cartilagineuses du patient sur une matrice de collagène jusqu'à former un cartilage artificiel. Ce cartilage, éventuellement retaillé et adapté aux articulations du patient, est implanté chirurgicalement, 10 à 14 jours après la mise en culture des chondrocytes. La technologie CaReS permet donc de soigner des usures et ruptures étendues des cartilages des genoux, du pied et des chevilles, par autogreffe de cartilages reconstitués.

►Eucodis [172]

Cette filiale de la firme pharmaceutique croate Pliva, implantée à Paris et à Vienne, optimise des protéines d'intérêt par recombinaison in vivo et hypermutation somatique. Ces deux technologies lui permettent de générer de la diversité jusqu'à trouver la protéine adaptée à la molécule-cible. La recombinaison in vivo se fait en inactivant le système de réparation de l'ADN, qui -normalement- empêche toute recombinaison entre des séquences homéologues, c'est-à-dire comparables mais issus d'espèces divergentes. Inversement, l'hypermutation somatique consiste à stimuler et à activer à volonté le système naturel par lequel les cellules du système immunitaire génère un vaste panel d'anticorps jusqu'à en isoler un adapté à l'antigène visé.

►Cell Danube [173]

Cette jeune société développera des thérapies cellulaires en cultivant des cellules dendritiques et musculaires humaines, autologues, destinées à remplacer les cellules défaillantes du patient.

►Biotec Systems Krems [174]

Biotec Systems Krems GmbH conçoit des appareillages pour les patients dont le foie ou de multiples organes sont défaillants. Cette spin-out de l'Université du Danube développe des méthodes de purification extracorporelle du sang, apparentées à la dialyse et faisant usage d'adsorbants capables de retenir sélectivement les toxines du sang. Le système Prometheus-FPSA11, en particulier, permet d'éliminer les toxines insolubles car liées aux transporteurs albumine du foie (bilirubine non conjuguée, acide cholique, tryptophane, phénol...).

►Innovacell [175]

Innovacell Biotechnologie GmbH met au point des thérapies cellulaires régénérant les muscles et les tissus. Des applications à la cardiologie, à la chirurgie plastique et au traitement de l'incontinence sont envisagées. Innovacell a ainsi soigné des patients atteints d'incontinence par injection de myoblastes et de fibroblastes autologues au niveau du muscle constricteur de l'urètre.

►Biovertis [176]

Cette société viennoise développe de nouveaux antibiotiques pour le traitement des infections nosocomiales, des voies urinaires et des voies respiratoires. L'Oxaquine sera testée en clinique à partir de 2006, des inhibiteurs de la topoisomérase le seront à partir de 2007.

Leurs spécialités

Sans surprise, on notera que les biotechs autrichiennes s'illustrent là où la recherche médicale autrichienne s'illustre, c'est-à-dire en oncologie, en immunologie et en médecine régénérative. L'essentiel des nouvelles start-ups se créent dans ces domaines.

Quelques jeunes pousses, plus rares, proposent des services aux entreprises (plate-formes technologiques) ou suivent des business plan mixtes (mise à disposition de plate-formes technologiques et de services aux entreprises et utilisation de ces services en interne, pour développer un pipeline de médicaments sur le plus long terme). Les biotechs plus âgées et restées indépendantes sont plus souvent spécialisées dans les biotechnologies grises.

1. www.bit.or.at/bioaustria/
2. Epithelial Cell Adhesion Molecules
3. Single Nucleotide Polymorphisms
4. Immuno-Solid-Phase-Allergen-Chip
5. Component-resolved diagnosis
6. Lésions consécutives au rétablissement du flux sanguin dans un organe, par exemple après une ischémie cardique ou une transplantation
7. Syndrome respiratoire aigu sévère
8. Melanoma-associated Endogenous Retrovirus
9. Cartilage Regeneration System
10. Institut für Grenzflächen- und Bioverfahrenstechnik/Institut des interfaces et des procédes biologiques
11. Fraktionierte Plasma-Separation und Adsorption
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