On le voit, la recherche en sciences du vivant est largement pratiquée par les instituts universitaires et les cliniques associées aux universités de médecine. Pour autant, les instituts extra-universitaires (IMP, Académie autrichienne des sciences...) et les sociétés de recherche privées (telles que profactor [99], Joanneum Research [100], Upper Austrian Research [101] ou ARC Seibersdorf [102]) ne sont pas à négliger.
Le TKFI22, par exemple, est un centre de recherche clinique en oncologie, créé à l'initiative de l'Union pour la promotion de la recherche sur le cancer au Tyrol23, association elle-même issue de la Société tyrolienne contre le cancer24. L'institut se consacre à la leucémie lymphatique aiguë (étude de la résistance au traitement par glucocorticoïdes), au myélome multiple (traitement par immunothérapie ou par induction de l'apoptose en ciblant la voie de signalisation PKB/AkT), à l'oncologie pédiatrique (rôle de la survivine et du facteur de transcription Fox0 dans la pathogénèse du neuroblastome), à l'oncologie expérimentale (immunothérapie du cancer du sein), à la virologie des tumeurs (cancers causés par les papillomavirus), à l'oncologie moléculaire et aux tumeurs gastrointestinales.
Toutefois, le plus important institut extra-universitaire est l'IMP, centre de recherche biomédicale fondée par Genentech et Boehringer Ingelheim, aujourd'hui sponsorisé par Boehringer Ingelheim. L'IMP décrypte les mécanismes de la croissance cellulaire à l'œuvre tant lors du développement fœtal que de l'oncogènese et de l'hématopoïèse. Ses groupes de recherche s'intéressent ainsi à la séparation des chromosones lors de la méïose et de la mitose, à la régulation épigénétique du génome par méthylation des histones, à l'inactivation du chromosome X chez les mammifères, à la formation du squelette des vertébrés, aux rôles de la plasticité génétique et du géne AP1 dans l'oncogénèse ou à l'implication des cellules-souches dans l'hématopoïèse.
L'IMP et le récent Institut de biotechnologie moléculaire/IMBA (cf § suivant) forment aujourd'hui un unique campus, l'IMP-IMBA Genome Research Center, campus dédié à l'étude du développement de l'homme et de l'animal et à l'étude des maladies humaines apparentées (cancer, troubles du développement, troubles du métabolisme...).
L'IMBA, fruit d'une coopération entre l'ÖAW25 et le groupe pharmaceutique allemand Boehringer Ingelheim, est un centre de génomique fonctionnelle spécialisé dans l'étude de l'activité et des interactions cellulaires. La fonction des gènes y est identifiée par croisement de méthodes variées : modélisations mathématiques, analyses bioinformatiques, tests moléculaires, recours à l'ARN interférant, études des voies cellulaires et moléculaires par imagerie... Les cellules souches de souris, de drosophiles et de protistes Tetrahymena y servent à la validation systématique, in vivo, des découvertes faites quant à la fonction des gènes. Notons également que l'IMBA a créé une bibliothèque d'ARNi couvrant la totalité du génome de la drosophile.
Usant de ces méthodes, les groupes de recherche de l'IMBA travaillent sur la formation des circuits neuronaux, la division asymétrique des cellules, l'interférence ARN et le rôle du cytosquelette dans la migration des cellules. Le groupe de Josef Penninger s'intéresse à la pathogénèse des maladies cardiaques et pulmonaires, des maladies osseuses, des maladies auto-immunes et des cancers. Les interactions du système rénine-angiotensine et du SRAS y sont mises à jour.
Cette jeune institution, fille de l'Académie autrichienne des sciences, promeut la recherche de haut niveau en biologie moléculaire des plantes. Deux thématiques y sont privilégiées : la plasticité génétique et épigénétique des plantes d'une part, la nature et les interactions de leurs voies de transmission des signaux d'autre part.
Ce centre pluridisciplinaire doit contribuer au rapprochement de la recherche clinique et de la recherche fondamentale en immunologie, en oncologie, en allergologie, en dermatologie, en rhumatologie et en biologie vasculaire. Ce faisant, il doit contrer la tendance à l'hyperspécialisation qui balkanise la récherche biomédicale, chaque groupe de recherche se concentrant sur un sujet extrêmement précis, sans avoir de vision globale de l'homme et des problèmes cliniques l'affectant.
Les premiers projets de recherche engagés par le CeMM ont trait à l'instabilité génétique du système immunitaire humain et à l'apparition des lymphomes et des leucémies, aux causes du diabète de type 2, à la transmission des signaux chez les cellules dendritiques lors de la présentation d'un antigène, à l'immunothérapie anticancéreuse (contre le mélanome), à l'intolérence au gluten (maladie cœliaque), à la dégradation des tissus consécutives aux inflammations, à la thérapie génique des cellules vasculaires, aux modulateurs lipidiques de la résistance à l'insuline et au rôle des auto-antigènes dans l'arthrite rhumatoïde.
Mentionnons également trois autres institutions de l'Académie autrichienne ayant à voir avec les sciences du vivant : la Commission d'études écologiques interdisciplinaires [108], l'Institut de recherche biomédicale sur le vieillissement [109] et l'Institut de biophysique et d'analyse structurale par cristallographie aux rayons X [110].
De son côté, la Société Ludwig Boltzmann a créé ou labellisé un nombre élevé d'instituts consacrés à la médecine humaine. Citons parmi ceux-ci les instituts Ludwig Boltzmann pour la génomique fonctionnelle, pour l'oncologie appliquée, pour la recherche sur le SIDA, pour la recherche sur le vieillissement, pour la gynécologie et l'oncologie gynécologique, pour la biomécanique et la biologie cellulaire, pour la recherche sur la leucémie et l'hématologie, pour la neurooncologie, pour la transplantation de cellules souches ou pour la biologie cellulaire et l'immunobiologie de la peau.