Parce qu'elle s'est fondée sur la médecine, la biotechnologie autrichienne est essentiellement rouge, c'est à dire consacrée à la médecine humaine : la production de médicaments, de méthodes de diagnostic et de méthodes thérapeutiques constitue son principal cheval de bataille, comme en témoignent les thématiques de recherche (cf. 'Le tissu de recherche universitaire' et 'Recherche médicale et firmes pharmaceutiques'), les projets GEN-AU (cf. 'GEN-AU, un programme national de recherche coopérative') puis -plus loin- les business plans des principales biotechs (cf. Une poussée de jeunes pousses').
D'ailleurs, le RFT et le Boston Consulting Group déplorent que l'essentiel des financements aillent à des projets liés au cancer et à l'immunomodulation : l'Autriche dispose d'autres forces, en biotechnologies vertes (biotechnologies appliquées aux plantes) et en biotechnologies blanches ou grises (biotechnologies industrielles et des procédés de production, construction d'installations) qui ne demandent qu'à être exploitées.
La R&D en nanobiotechnologies, en bioinformatique et en biologie des systèmes, en particulier, devrait être favorisée.
Toutes disciplines confondues, l'Autriche est à l'origine de quelques 1000 publications scientifiques par million d'habitants et par an1 (959 en 2003, contre 639 pour l'Union Européenne, 773 pour la France, 809 pour les États-Unis et 509 pour le Japon). Or ce nombre de publications scientifiques par million d'habitants relativement élevé s'explique déjà par la place des sciences du vivant dans le paysage autrichien : médecins, cliniciens et biologistes publient traditionnellement plus que leurs homologues ingénieurs, spécialistes des matériaux, de la construction ou des sciences de l'ingénieur, de telle sorte que les pays accordant une place importante aux sciences du vivant ont davantage de papiers à leur actif.
L'index de spécialisation relative des publications scientifiques des pays membres de l'Union Européenne2 confirme que l'Autriche publie plus que la moyenne en médecine clinique et en sciences de la santé (et moins que la moyenne en agronomie et en sciences de l'alimentation, en sciences de l'ingénieur et en chimie).
En 2005, l'Autriche a ainsi publié quelques 56 papiers médicaux consacrés aux biotechnologies rouges et quelques 300 papiers consacrés à la médecine, soit 1,68% et 1,21% des papiers publiés sur ces sujets dans le monde3.
| 1996 | 1997 | 1998 | 1999 | 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | |
| Autriche | 657 | 710 | 760 | 788 | 777 | 845 | 871 | 959 |
| France | 689 | 700 | 743 | 750 | 774 | 775 | 712 | 773 |
| Europe des 25 | 639 | |||||||
| Europe des 15 | 682 | 692 | 739 | 755 | 803 | 816 | 673 |
| Base de données | Autriche | France | Monde | |
| En sciences du vivant | CAplus4 | 93717 | 19597 | |
| En sciences médicales (2005) | PMC5 | 300 (1,21%) | 1781 (7,17%) | 24835 |
| En biotechnologies rouges (2005) | PMC | 56 (1,68%) | 286 (8,58%) | 3332 |
| En sciences du vivant | PMC | 38683 | 249286 | |
| En sciences du vivant | Pubmed | 14330 | 64576 |