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Une nouvelle thérapie pour soigner la dégénérescence maculaire

La dégénérescence maculaire ne sera peut-être plus une fatalité. Des chercheurs des cliniques universitaires d'ophtalmologie de Graz et de Vienne, en coopération avec des chercheurs américains de Boston, ont mis au point un traitement qui bloque localement la formation de vaisseaux sanguins dans la région de la rétine.

La dégénérescence maculaire, première cause de cécité chez les personnes âgées, résulte de la dégradation progressive et irréversible du centre de la rétine, cette membrane très mince qui tapisse l'intérieur de l'œil et dont la fonction est comparable à celle de la pellicule photographique. Comme tous les tissus nerveux, la rétine est très sujette aux processus de vieillissement. Et tout spécialement son centre, la macula (ou tache jaune), qui doit assumer sa tâche sans disposer de ses propres vaisseaux sanguins. Or les cellules visuelles ont besoin d'oxygène et d'énergie pour fonctionner, ce qui oblige la rétine à puiser dans une zone située juste en dessous d'elle, la choroïde. Mais, en vieillissant, la membrane qui sépare la choroïde et la rétine s'épaissit, jusqu'à empêcher tout transit. Étant moins pourvues en oxygène et ne pouvant rejeter leurs déchets, les cellules visuelles finissent par mourir.

Il existe deux formes de dégénérescence maculaire, la forme sèche et la forme humide (ou suintante). La forme sèche (90% des cas) entraîne une lente dégradation des cellules visuelles suite à l'épaississement de la rétine. La perte de l'acuité visuelle est très progressive.

La forme humide est moins courante mais plus grave. Elle peut entraîner une cécité totale en quelques jours. Elle est causée par une tentative inopportune de la cornée de réparer le dégât survenu dans la rétine ou qui la menace. De nouveaux vaisseaux sanguins se forment autour de la rétine pour la réapprovisionner en oxygène. Or certains de ces vaisseaux ne sont pas étanches, de telle sorte que du liquide s'écoule sous la rétine et la sépare de la cornée. La cécité est alors irréversible. Toutefois, ces vaisseaux sanguins indésirables se forment sous l'action d'une hormone, le VEGF (Vascular endothelial Growth Factor), dont certains inhibiteurs sont déjà utilisés dans des traitements anti-cancéreux pour freiner le développement de métastases.

Épaulé par une équipe de chercheurs internationaux venant de 117 centres de recherche, le docteur Evangelos (Harvard Medical School) a étudié l'action d'un nouveau produit bloquant le VEGF, le Pegaptanib, molécule de synthèse composée de 28 bases.

Des études cliniques ont été menées sur 1186 patients, avec la participation de Michael Stur, de la Clinique universitaire d'ophtalmologie de Vienne, et d'Anton Haas, de celle de Graz. Leurs résultats se sont avérés nettement positifs : quelle que soit la dose injectée, l'étude a révélé une baisse significative de la perte d'acuité visuelle.

Mais si ces résultats sont encourageants, la méthode présente un inconvénient, à savoir l'injection régulière de produits directement dans l'œil. De plus, ses effets sont équivalents à ceux obtenus par photothérapie dynamique, c'est-à-dire en injectant dans la veine du bras un médicament photosensible, qui atteint les vaisseaux sanguins anormaux puis les détruit, une fois activé par un rayon laser froid.

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Sources : APA, 14/01/2005