Le laboratoire Christian Doppler pour la biotechnologie des récepteurs étudiera et évaluera l'efficacité des herbes et des extraits de plantes médicinales.
Le trèfle vert (Trifolium pratense), l'actée à grappes (Cimicifuga racemosa) et le soja seront plus particulièrement ciblés, ces plantes pouvant constituer une alternative aux traitements des dérèglements du métabolisme et aux traitements de prévention des cancers hormono-dépendants. Elles renferment effectivement des substances capables de mimer les hormones du corps humain, sexuelles ou stéroïdes.
L'équipe d'Alois Jungbauer, professeur à l'Université agronomique de Vienne, cherchera à isoler ces substances actives, afin de décrypter peu à peu les modes d'action des extraits de plantes en circulation. Car employer ces extraits sur la base de connaissances empiriques, à l'instar de guérisseurs, ne suffit plus : les mécanismes sous-jacents peuvent et doivent être compris, quand bien même ces extraits seraient des mélanges complexes. Les préparations à base de trèfle rouge peuvent ainsi contenir 300 substances bioactives, dont une cinquantaine influeront le système endocrinien.
Alois Jungbauer s'intéressera d'abord aux effets des polyphénols naturels sur les récepteurs hormonaux : récepteurs aux oestrogènes, à la progestérone, à l'androgène et à l'arylhydrocarbone.
Le nouveau laboratoire disposera pour cela d'un budget de 400 000 euros/an, issu pour moitié de l'entreprise pharmaceutique Melbrosin, à l'origine de produits parapharmaceutiques tirés de substances naturelles (Menoflavon, Melprosia, Melpromen, Androflavon…). De fait, les laboratoires rattachés à la société de recherche appliquée Christian Doppler (CDG) sont cofinancés par le public et le privé. Résultat d'une collaboration entre des chercheurs et une ou plusieurs entreprises, ils sont créés pour sept ans et soumis à évaluation à mi-parcours.