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Le psoriasis, maladie de la peau ou maladie auto-immune ?

Le psoriasis est une maladie chronique, affectant 1 à 3 % de la population et se traduisant par l'apparition de lésions cutanées, recouvertes de squames blanchâtres, sèches, et ce au niveau des genoux, des coudes, des ongles ou du cuir chevelu ; de 5 à 20% des patients concernés développent en sus une arthrite psoriatique, déformante et parfois invalidante. L'origine de la maladie reste pourtant inconnue, deux hypothèses s'affrontant toujours : selon la première, le psoriasis est une maladie de la peau, entraînant parfois des dérèglements immunologiques ; selon la seconde, la maladie est d'abord auto-immune, déclenchée par les lymphocytes T, puis s'exprime au niveau de la peau des articulations.

Des chercheurs de l'Institut de pathologie moléculaire (IMP) viennent d'étayer la première hypothèse, en développant un modèle murin du psoriasis. Mieux, leurs souris génétiquement modifiées développent aussi une arthrite psoriatique, alors que les modèles animaux précédents ne développaient que des lésions cutanées. Ce modèle, plus proche de la réalité physiologique de la maladie, est par ailleurs activable à volonté (par injection de tamoxifène) : la maladie est déclenchée par l'expérimentateur, au moment voulu, les souris développant alors dans les deux semaines une affection comparable à celle touchant l'homme.

L'initiation de la maladie se fait en désactivant simultanément les gènes JunB et c-Jun, grâce à des interrupteurs génétiques. Au cours d'analyses de prélèvements de peau issus de la Clinique de dermatologie de l'Université de Vienne, les scientifiques de l'IMP avaient effectivement noté que le facteur de transcription JunB (19p13.2) est sous-exprimé dans les kératinocytes des lésions causées par la psoriasis. Or ce gène influence la multiplication et la différenciation cellulaire, ainsi que la réaction des cellules au stress. Il ne doit d'ailleurs pas être éteint au cours du développement embryonnaire, faute de quoi les souriceaux naissent mort-nés.

Le modèle développé, d'abord conçu par faciliter de futures études précliniques, a déjà permis de mieux comprendre l'origine du psoriasis. Des souris privées de système immunitaire ont en effet développé le psoriasis (arthrite exclue), ce qui laisse à penser que la maladie est d'abord une maladie de la peau, liée au facteur de nécrose tumorale TNF-α. Les cellules immunitaires n'interviendraient alors qu'en second lieu, en amplifiant la réponse inflammatoire.

Les travaux, menés par Rainer Zenz sous la direction d'Erwin Wagner, titulaire du prix Wittgenstein, ont impliqué l'IMP, l'Université de médecine de Vienne (www.meduniwien.ac.at/dermatologie/), le Centre allemand de recherche sur le cancer (www.dkfz.de) et le CERIES (Centre de Recherches et d'Investigations Épidermiques et Sensorielles, www.ceries.fr).

Contacts : Erwin Wagner, Research Institute of Molecular Pathology (IMP), Dr. Bohr-Gasse 7, A-1030 Wien - tél : + 43 1 79730 888, fax : +43 1 798 93 70 - wagner@imp.univie.ac.at - www.imp.univie.ac.at et www.imp.univie.ac.at/wagner
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