La start-up Affiris se propose de soigner la maladie d'Alzheimer grâce à un vaccin thérapeutique dirigé contre les protéines β-amyloïdes. Ces dernières, dérivées de la glycoprotéine membranaire APP ('Amyloïd Precursor Protein') s'accumulent dans le cortex, puis y forment des plaques amyloïdes, insolubles et particulièrement résistantes car organisées en feuillets β. Ces plaques mènent les neurones les cernant à la mort, jusqu'à ce que le cerveau des patients dégénère.
Le vaccin développé vise précisément les protéines amyloïdes, qu'elles soient organisées en plaque séniles ou encore en suspension dans le liquide céphalo-rachidien. Son principe ? Amener le système immunitaire du patient à développer de lui-même des anticorps anti-β-amyloides, en évitant toute autre réaction auto-immune. De récents essais précliniques ont démontré que le vaccin, bien supporté, déclenchait une réponse immunitaire, et que les anticorps générés s'attaquaient aux plaques séniles, du moins in vivo, sur des prélèvements de tissus. Des tests sur des modèles animaux ont également prouvé que le vaccin réduisait la dimension des plaques amyloïdes de 2/3. Les premiers essais cliniques débuteront donc en 2006.
La jeune société Affiris, spécialiste des vaccins peptidiques contre la maladie d'Alzheimer et l'athérosclérose, espère ainsi commercialiser un vaccin bon marché, composé d'un simple peptide synthétisé automatiquement, de substances porteuses naturelles et d'un adjuvant commercial. L'antigène utilisé, à l'instar de tous les antigènes mis au point par Affiris, dérive de sa propre plate-forme technologique, Affitopes/Affisorb : une plate-forme consacrée au développement d'épitopes synthétiques, utilisés comme épitopes du soi, afin d'induire une réponse immunitaire.