Des urgentistes de l'Hôpital général de Vienne (AKH) proposent de refroidir significativement les patients victimes d'un arrêt cardiaque, et de ne les réanimer qu'après coup, au bout d'une demi-heure. Leurs essais sur des porcs ont démontré que 85% des animaux pouvaient être réanimés, 35 minutes après que leur cœur se soit arrêté de battre, pour peu que leurs corps aient été rapidement refroidis de 10 à 15°C.
Notons que le froid est déjà couramment utilisé en cardiologie, par exemple pour les greffes cardiaques et les pontages aorto-coronaires : les opérations sous cardioplégie froide s'effectuent en arrêtant volontairement le cœur et en abaissant sa température à 4 ou 5°C, voire en abaissant la température corporelle à 20°C. De même, les patients réanimés après un arrêt cardiaque sont maintenus en hypothermie pendant 24 heures, à 33°C, ceci afin de limiter les lésions de reperfusion.
Wilhelm Behringer, membre du groupe de recherche en réanimation de l'AKH, a ainsi suggéré de mettre en œuvre le concept de la réanimation retardée, esquissé quelques années auparavant par le viennois Peter Safar (1924-2003), père de la réanimation cardio-pulmonaire. Le patient victime d'un arrêt cardiaque ou de blessures graves serait ainsi placé en état d'hypothermie, dans les 15 minutes suivant l'accident, par perfusion d'un sérum glacé. Il serait ensuite transporté vers un hôpital ou un centre de soins, opéré si nécessaire, et ne serait réanimé que 30 à 35 minutes après l'arrêt cardiaque. L'hypothermie profonde, en réduisant drastiquement la consommation en oxygène du corps, donne aux chirurgiens le temps d'intervenir et leur permet d'opérer dans de bonnes conditions, en hôpital plutôt que sur le terrain.
La méthode pourrait profiter aux blessés graves, atteints sur le champ de bataille, ce qui convaincu l'US Navy de soutenir le projet.