Les huiles dites diététiques, riches en acides gras polyinsaturés, ne sont saines que crues : chauffées ou frites, elles deviennent carcinogènes. Restait à savoir pourquoi.
L'Institut de pharmacologie biochimique et de toxicologie moléculaire de l'Université de médecine vétérinaire de Vienne s'est penché sur la question et a pu expliquer l'effet cancérigène des graisses polyinsaturées cuites. Leur cuisson au contact du fer des aliments libère des hydropéroxydes de lipides et des radicaux hydroxyle, qui endommagent les membranes des cellules épithéliales de l'intestin et du côlon. Les déchets biologiques issus de la destruction des membranes endommagent à leur tour l'ADN, par insertion de composés d'additions ADN (adduits) ou en y activant des gènes promoteurs de tumeurs (oncogènes).
L'équipe réunie autour de Hans Nohl a toutefois pu montrer que la consommation d'antioxydants inhibait ce processus : l'ubiquinone, la carov'rine mais aussi l'aspirine ont donc bien un effet protecteur.
L'Institut de pharmacologie biochimique et de toxicologie moléculaire s'est spécialisé dans l'étude des radicaux libres et des antioxydants. Ainsi, ses projets de recherche traitent du rôle de la respiration cellulaire dans la formation des radicaux libres, du rôle des ubisemiquinones dans cette même formation, de la synthèse de composés lipophiliques capables de stabiliser les radicaux hydroxyle et les superoxydes, de la fonction cellulaire et des effets du monoxyde d'azote ou de la détection des ions O2-.