Judith et Stephen Aberle, chercheurs à l'Institut clinique de virologie de Vienne, ont créé un vaccin à ARN contre la méningo-encéphalite à tiques (TBE) qui leur sert maintenant de modèle et de support pour développer des vaccins à ARN contre des infections virales comparables, comme la dengue, la fièvre du Nil occidental, la fièvre jaune ou l'encéphalite japonaise.
De tels vaccins à ARN seraient aussi immunogènes que les vaccins à microorganismes vivants atténués et aussi sûrs que les vaccins à microorganismes tués ou à sous-unités. En effet, les vaccins dit vivants provoquent une réaction immunitaire complète (avec apparition de cellules T cytotoxiques) mais peuvent être dangereux. Les vaccins morts ou inactivés, inversement, ne provoquent que l'apparition d'anticorps : s'ils sont moins dangereux, ils n'assurent qu'une protection de courte durée. La vaccination à ARN constitue une solution, puisque le patient à vacciner s'y voit soumis à des particules virales comparables aux virus à combattre, donc immunogènes, mais sans aucun pouvoir infectieux. Par ailleurs, ces particules virales (ou réplicons) sont produites par l'organisme lui-même, suite à la vaccination.
Le génome du virus de la TBE a été étudié, puis privé de certains gènes clés, responsables de son pouvoir infectieux. L'ARN viral subgénomique ainsi privé de ses gènes de virulence a été fixé à des particules d'or, injectées dans les cellules de souris par bombardement. Répliqué et transcrit in vivo, l'ARN viral introduit a donné naissance à des réplicons, qui, à leur tour, ont provoqué une réponse du système immunitaire.
Le groupe de travail dirigé par Christian Mandl a alors pu montrer que ce vaccin à ARN auto-réplicant induisait chez la souris une réponse immunitaire comparable à celle générée par le vaccin vivant anti-TBE.