Les cellules tumorales devraient être éliminées par l'organisme, comme toutes ses cellules mutées, reconnues comme étrangères. La molécule Trail, en particulier, les incite à se suicider, en activant une cascade de réactions destructrices, impliquant des caspases. Mais les cellules cancéreuses (appartenant par exemple à des cancers de l'ovaire déjà avancés) sont capables de contourner ce mécanisme protecteur qu'est le suicide cellulaire.
L'équipe de Michael Krainer, oncologue à la Clinique de médecine interne de l'Université de médecine de Vienne, a identifié deux des moyens par lesquels les cellules cancéreuses se protègent de l'apoptose. Le premier consiste à se rendre insensible à la cytokine TRAIL (Tumor necrosis factor-related apoptosis-inducing ligand) : les cellules mutantes sont privées des récepteurs DR4 et DR5 (Death Receptors), auxquels doit s'accrocher le ligand TRAIL (cf. BE Autriche N°63).
Le second mécanisme inactive la cascade de réactions induites par TRAIL : la molécule FLIPL, très semblable à une enzyme normalement activée par TRAIL, est surexprimée, de telle sorte que les molécules TRAIL agissent sur ces molécules FLIP et non sur les enzymes à activer.
Par ces deux voies, 66,2% des cellules cancéreuses étudiées survivent à leur mort programmée : 20,6% d'entre elles n'ont pas ou peu de récepteurs TRAIL, 39,7% surexpriment FLIPL et 5,9% recourent aux deux voies.