Josef Penninger et son équipe ont montré que le système rénine-angiotensine (SRA) et ses régulateurs ACE /ACE2 sont impliqués dans un vaste panel de maladies. SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), septicémies aiguës, grippe aviaire, dysfonctionnements cardiaques, néphropathies, hypertension... : toutes ces maladies ont à voir avec le système SRA et pourraient être partiellement traitées par injection d'ACE2.
L'Institut de biotechnologie moléculaire (IMBA) avait déjà prouvé que l'injection d'ACE2 humaine (Angiotensin Converting Enzyme 2) atténue les effets du SRAS, en régulant le système rénine-angiotensine (cf. BE Autriche N°68). En effet, la protéase ACE2 désactive l'angiotensine II, produite par sa consœur ACE à partir de l'angiostatine I. Le couple ACE/ACE2 régule ainsi les concentrations locales et systémiques des angiostatines II et 1-7, qui régulent à leur tour la tension et le rythme cardiaque.
Contrôler ces concentrations artificiellement, par exemple par injection d'ACE2, c'est réguler la tension et prévenir les effets des maladies respiratoires affolant le système rénine-angiotensine, dont le SRAS, l'anthrax, la grippe aviaire H5N1, la grippe espagnole, les pneumonies ou les septicémies affectant les poumons, autant de maladies dans lesquelles les poumons sont noyés par des écoulements de sérum sanguin, formant des oedèmes.
Cette fois-ci, Josef Penninger et Ursula Danilczyk ont découvert que l'injection d'ACE2 permettrait de soigner ou contribuerait au traitement de maladies cardiaques et rénales. En effet, des souris génétiquement privés du gène codant pour ACE2 présentent des défaillances cardiaques : la capacité de leur cœur à se contracter décroît avec leur âge, sauf si elles sont également privées de la protéase ACE. Ces mêmes souris ACE2-mutantes développent des glomérulonéphrites comparables aux néphropathies diabétiques. Par ailleurs, la protéase ACE2 est faiblement exprimée dans les reins des rats atteints d'hypertension, des rats diabétiques et des rattes enceintes. Ainsi, des médicaments stimulant la production d'ACE2 ou des injections d'ACE2 compléteraient avantageusement les traitements actuels des néphropathies liées au diabète, de l'hypertension et des dysfonctionnements cardiaques.