La technologie d'amplification PCR (Polymerase chain reaction) contribuera à la préservation et à la restauration des livres anciens, attaqués par les champignons.
Guadalupe Pinar et Astrid Michaelsen, du Département de chimie médicale et pharmaceutique de l'Université de Vienne, utilisent la PCR pour identifier l'espèce de champignon en cause et choisir la méthode de restauration qui lui est la plus adaptée. Le secret ? Le fragment d'ADN ITS1. Ce fragment apparemment inutilisé du génome des champignons s'est beaucoup modifié au cours de leur évolution, de telle sorte qu'ITS1 peut faire office d'empreinte génétique : chaque espèce et sous-espèce de champignon possède sa propre séquence ITS1 et toutes sont différentes.
Reste à identifier le champignon à partir de cette séquence. Pour cela, un prélèvement est effectué sur le livre abîmé puis est soumis à une PCR, qui produit de très nombreuses copies des éventuels brins d'ADN ITS1 présents. La solution obtenue est analysée par électrophorèse dénaturante sur gel : une simple observation de ce dernier permet de repérer le type de champignon responsable des dégradations à partir de la position des bandes de migration.
L'identification par PCR et électrophorèse remplace avantageusement l'identification par culture microbienne, qui ne fonctionne que sur des organismes vivants et cultivables. Or moins de 10% des microorganismes peuvent être cultivés. Par ailleurs, les champignons s'inactivent au bout d'une vingtaine d'années pendant que les protéines qu'ils ont produites continuent de détériorer les ouvrages.
NB : Le projet est mené en partenariat avec l'Institut italien de pathologie des livres (ICPL, Istituto Centrale di Patologia del Libro).