Dontscho Kerjaschki, médecin à l'Institut clinique de pathologie de l'Hôpital général de Vienne, a découvert que les macrophages participent à la genèse des nouveaux vaisseaux lymphatiques.
Les macrophages sont des cellules du système immunitaire, qui détruisent et phagocytent les cellules malades et les germes. Mais ces mêmes cellules peuvent générer des vaisseaux lymphatiques. Dontscho Kerjaschki et ses collaborateurs ont montré que la moitié d'entre elles possèdent des récepteurs de surface sensibles aux facteurs de croissance des vaisseaux lymphatiques. Ces cellules, probablement issues de cellules souches particulières, les monocytes CD14+, se transforment en cellules lymphatiques épithéliales. Ainsi, chez des patients fraîchement greffés du rein et rejetant ces greffons, les macrophages issus de la moelle osseuse coloniseraient le greffon, traverseraient le tissu connectif (ou stroma) et s'incorporeraient aux nouveaux vaisseaux en formation. Ils joueraient le rôle de cellules progénitrices endothéliales.
Notons que les macrophages incorporés aux nouveaux vaisseaux y ont été identifiés d'autant plus facilement que les donneurs et receveurs étaient de sexe différent : il a suffi de rechercher les chromosomes Y du receveur et X de la donneuse pour séparer les cellules de l'un et de l'autre (par hybridation in situ du chromosome Y).
Cette découverte est d'importance car les vaisseaux lymphatiques contribuent au développement des métastases cancéreuses et au rejet des organes greffés : plus de 90% des métastases se répandent dans l'organisme par le biais du système lymphatique et les vaisseaux lymphatiques se multiplient autour des métastases, des greffons et leurs zones d'inflammation chronique. Les macrophages pourraient donc devenir la cible de nouveaux traitements anti-cancéreux ou anti-rejets.