La société Austrianova et l'Institut de virologie et de biomédecine de l'Université vétérinaire de Vienne (www.vu-wien.ac.at/i123/) développent une thérapie génique anticancéreuse basée sur une protéine des bactériophages, la λ-holine.
Les bactériophages sont des virus infectant les bactéries. Ils s'y multiplient, à l'intérieur de la bactérie atteinte, puis la transpercent, pour que les nouvelles particules virales puissent s'en échapper. C'est là que l'holine intervient : conjointement, l'holine et l'endolysine détruisent la paroi cellulaire de la bactérie.
Mais l'holine pourrait aussi dissoudre les parois de cellules cancéreuses humaines, de l'intérieur : l'holine serait exprimée par les cellules cancéreuses et les tuerait, une fois le gène codant pour l'holine ajouté à leur génome, dans le cadre d'une manipulation génétique, c'est-à-dire par introduction d'un plasmide portant le gène dans le cytoplasme des cellules visées. Christine Hohenadl, d'Austrianova, et Udo Bläsi, de l'Institut de microbiologie et de génétique de l'Université de Vienne, ont montré que l'holine ainsi produite ralentit la croissance des tumeurs du sein, sur des modèles murins xénogreffés (souris développant un cancer du sein humain, suite à l'injection de cellules cancéreuses humaines transfectées sous leur peau). Ils ont également démontré que les cellules d'eucaryotes transfectées par le gène de la λ-holine ont une viabilité réduite de 98%, in vitro.
Notons que, à l'avenir, le gène codant pour l'holine ne sera pas introduit tel quel mais sera couplé à un interrupteur moléculaire puis reconstitué in vivo (technologie ReCon, Reconstituting vector). Ainsi, le gène et son promoteur ne se rapprochent et ne deviennent fonctionnels que lorsque le vecteur pénètre une cellule cancéreuse. L'organisme du patient est protégé des effets de la toxine holine, celle-ci n'étant produite que dans les cellules transfectées.