La bactérie filamenteuse Crenothrix Polyspora tire son énergie du méthane, en usant d'une enzyme jusque-là inconnue : une méthane monooxygénase pmoA (particulate methame monooxygenase) d'un type particulier, fortement surexprimée en présence de méthane.
Cette découverte, fruit d'une collaboration austro-dano-allemande entre l'Université de Vienne, l'Université d'Aalborg et l'Université technique de Hambourg-Harburg, peut intéresser climatologues, spécialistes de l'eau et chercheurs en évolution moléculaire. De fait, la bactérie Crenothrix Polyspora peut réduire la concentration du méthane dans l'atmosphère (et ainsi lutter contre le réchauffement global) ou coloniser les installations de traitement et les canalisations d'eau potable. C'est d'ailleurs là qu'elle avait été découverte, en 1870, par Ferdinand Cohn, fondateur de la bactériologie moderne : la bactérie est non pathogène mais peut bloquer les filtres et colorer l'eau en rouge.
Son étude renseigne sur l'évolution moléculaire et la biochimie des bactéries utilisatrices de méthane : Crenothrix Polyspora apparaît être une gamma-protéobactérie étroitement liée aux méthanotrophes, capable d'oxyder le méthane. L'arbre phylogénétique des microorganismes consommateurs de méthane ou d'ammoniac se révèle plus complexe que ne l'indiquait l'analyse des fragments 16S rRNA de l'ARN ribosomal des procaryotes.