Les cancers peuvent engendrer des métastases, par migration de cellules tumorales de l'organe atteint vers un autre organe ou tissu. Mais ces cellules tumorales, véhiculées par le sang, ne se réimplantent pas n'importe où. Ainsi, les cancers épithéliaux (cancer du sein, de la prostate…) engendreront d'abord des métastases osseuses, quand d'autres types de cancers engendreront des métastases dans d'autres tissus.
L'Institut de biotechnologie moléculaire (IMBA) vient de le confirmer en découvrant que le système RANK/RANKL attire les cellules issues de cancers épithéliaux vers les os. Chez la souris, les cellules tumorales circulantes (issus de cancers du sein ou de mélanomes humains) expriment l'activateur RANK (Receptor Activator of NF-KappaB), pendant que les os expriment son ligand RANKL. Les cellules tumorales migrent vers la source de RANKL, puis s'y nichent et y forment des tumeurs secondaires. Or les tumeurs affectant les os sont particulièrement douloureuses et peuvent conduire à la paralysie, si la colonne vertébrale est touchée. Inversement, les souris chez lesquelles le ligand RANKL est bloqué ne développent pas de tumeurs osseuses.
Cette découverte est fortuite car Josef Penninger et ses collaborateurs travaillaient sur d'autres propriétés de RANK/RANKL. Josef Penninger avait montré que la cytokine RANKL stimule la croissance des seins au cours de la grossesse, influe sur l'organogenèse des nœuds lymphatiques et contrôle la différenciation et l'activation des ostéoclastes (responsables de la destruction des cellules osseuses). C'est pourquoi son équipe participe à de vastes essais cliniques internationaux visant à bloquer RANKL par administration d'ostéoprotégérine, pour lutter contre l'ostéoporose. Le produit testé pourrait maintenant servir à prévenir les métastases osseuses liées aux cancers du sein.