Les industries textiles, agroalimentaires, papetières ou pharmaceutiques tirent largement parti des enzymes, catalyseurs écologiques et bon marché impliqués dans bien des procédés biotechnologiques. Mais il est difficile de récupérer les enzymes une fois la réaction achevée, à moins de les lier à des molécules ou à des particules porteuses faciles à isoler.
En réponse, l'Institut de biotechnologie environnementale de l'Université technique de Graz a imaginé recourir aux spores bactériennes, c'est-à-dire à des bactéries se présentant sous la forme de capsules arrondies, particulièrement résistantes. Ainsi, les bactéries produisent les enzymes d'intérêt, classiquement, puis leur servent de particules porteuses, une fois transformées en spores. En effet, les spores supportent les hautes températures et les valeurs extrêmes de pH régnant dans les réacteurs. Supports naturels des enzymes qu'elles ont produit, elles accroissent la stabilité de ces dernières et les rendent réutilisables à l'infini.
Notons que l'Institut de biotechnologie environnementale travaille également sur la dégradation microbienne des polymères synthétiques (polyéthylène téréphthalate, nylon, polyamide, polyacryle, polyacrylonitrile…), la catalyse en conditions extrêmes (avec l'isolation de catalase-péroxydases, d'azo-réductases, de pectate-lyases et de polygalacturonases thermostables en milieu alcalin), à l'immobilisation des bactéries (pour le traitement des eaux) et à l'amélioration des fibres textiles naturelles ou synthétiques.