Le Biocentre de l'Université de médecine d'Innsbruck vient d'être récompensé pour ses travaux sur l'aspergillose, maladie due au développement, chez l'homme, de champignons du genre Aspergillus.
Les moisissures Aspergillus, et en particulier Aspergillus fumigatus, sont extrêmement répandues et se développent aussi bien dans les composts et fumiers que sur les végétaux ou les murs humides. Mais elles peuvent également coloniser les bronches, le système digestif ou le système nerveux, du moins chez les patients immunodéprimés (suivant une chimiothérapie, atteint du syndrome d'immunodéficience humaine acquise ou ayant subi une transplantation d'organes). Or les aspergilloses sont difficilement traitables, si ce n'est par ablation des tissus présentant des aspergillomes, c'est-à-dire des agrégats de filaments mycéliens.
C'est pourquoi Markus Schrettl a reçu le prix 2006 de la Fondation Ernst Brandl : lui et ses collègues de la section de biologie moléculaire du Biocentre sont parvenus à faire dépérir Aspergillus fumigatus en bloquant son métabolisme du fer (par inactivation de la L-ornithine-N5-monooxygénase SidA). Privé de son système de sidérophores, le champignon ne peut plus assimiler le fer et meurt.
Ainsi, les aspergilloses pourront être combattues grâce à des substances dérégulant ou inhibant les sidérophores, étant entendu que ces substances n'affecteront pas l'homme, qui ne dispose pas de sidérophores.
Notons par ailleurs que Hubertus Haas et consorts ont contribué au séquençage des génomes de trois champignons Aspergillus d'importance : Aspergillus fumigatus, A. oryzae et A. nidulans.