Le Département de biologie marine de l'Université de Vienne a découvert des similarités entre les cellules de l'immunité et les vers marins symbiotiques.
Les nématodes Laxus Oneistus vivent en symbiose avec des bactéries sulfo-oxydantes couvrant leur peau, à l'image des algues colonisant les polypes coralliens pour former le corail. Les bactéries, parce qu'elles sont capables d'exploiter les liaisons soufrées comme réservoir d'énergie, nourrissent le ver et lui permettant de vivre dans des environnements normalement hostiles.
Mais, auparavant, les symbiotes doivent se reconnaître et s'apparier. Or, d'après Jörg Ott, Silvia Bulgheresi et leurs collaborateurs, le système de reconnaissance repose sur une protéine, dite Mermaid, de structure et de fonction étonnamment proche de celles de lectines humaines (CLECSF6, DC-SIGN). Mermaid, protéine récepteur du mannose Ca2+-dépendante, est présente à la surface du ver, comme la lectine à la surface des cellules dendritiques humaines. Toutes deux reconnaissent spécifiquement certains sucres, ce qui suggère que le mécanisme d'interaction microbe-hôte s'est largement conservé au cours de l'évolution et que la frontière entre pathogenèse et symbiose est ténue.
Par ailleurs, du fait de ces similarités, Mermaid pourra être employée comme agent anti-infectieux : la protéine, synthétisée par recombinaison, réduit significativement le taux d'infection de cellules exposées au virus de l'immunodéficience humaine (VIH).