Depuis 1992, la région de Haute-Autriche combat le radon, gaz rare radioactif responsable de 10% des cancers du poumon.
Le gaz toxique, issu de la désintégration du radium, lui-même issu de la désintégration du thorium et de l'uranium présents dans les roches, est naturellement relâché par les sols. Pourtant, ses effets peuvent être réduits, ne serait-ce qu'en évitant qu'il ne se concentre. De fait, le radon et ses dérivés (dont le polonium) tendent à s'accumuler dans les pièces peu ventilées en contact direct avec le sol, telles que les caves et entresols.
La Haute-Autriche a d'abord soutenu le projet ÖNRAP ('Österreichisches Nationales Radonprojekt'), vaste entreprise de mesure et de cartographie des concentrations en radon des sols et des habitations autrichiennes, menée par la Chancellerie fédérale et l'Institut du radium de l'Université de Vienne.
Par la suite, les membres du projet SARAH ('Sanierung radonbelasteter Häuser') (dont Arsenal Research Center Seibersdorf) ont testé trois méthodes d'assainissement, sur trois bâtiments contaminés au radon : la ventilation du sol (par aspiration), la ventilation des soubassements et fondations, et l'aération passive.
Dernier-né, le projet ELORA ('Ermittlung des lokalen Radonpotentials') vise à déterminer les potentiels locaux en radon, c'est-à-dire le risque qu'un bâtiment (construit ou en construction) présente des concentrations en radon supérieures à celles prescrites (200 Bq/m3 pour les nouvelles constructions, 400 Bq/m3 pour les anciennes).
Des projets pilotes complètent le dispositif, en mettant l'accent sur les crèches, jardins d'enfants et écoles, bâtiments souvent situés en rez-de-chaussée (à proximité des sols) et pour lesquels les temps de séjour sont longs. Des campagnes d'information seront également menées, puisque des gestes et des aménagements intérieurs simples suffisent à réduire les risques : aérer les pièces, ventiler les caves, combler en profondeur les fissures des sols et des murs, mettre en place des portes étanches...