Des chercheurs de l'Institut de biotechnologie moléculaire de l'Académie autrichienne des sciences (IMBA) et de l'Institut zurichois de physiologie (ZIHP) ont montré que la collectrine est un régulateur de protéines de transport impliqué a minima dans le transport rénal des acides aminés. Par conséquent, la collectrine pourrait jouer un rôle dans différentes maladies rénales, voire dans les diabètes, ou, plus précisément, dans les maladies liées à des pertes importantes de protéines par les urines.
La collectrine est apparentée à l'ACE2 ('Angiotensin Converting Enzym'), enzyme régulant la tension et le rythme cardiaque, étudiée par Josef Penninger et ses collaborateurs pour son rôle dans le développement du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), des dysfonctionnements pulmonaires, des maladies cardiaques et du diabète (cf. BE Autriche N°68 et 79).
Or des souris knock-out aux gènes de la collectrine éteints (Tmem27) naissent et se développent normalement jusqu'à ce que des cristaux de phénylalanine et de tyrosine se forment dans leurs reins. Par ailleurs, les concentrations en acides aminés de leurs urines sont élevées, comme si leurs reins ne parvenaient pas à retenir et récupérer ces acides, précieux pour l'organisme. Ces données et d'autres suggèrent que la collectrine régule plusieurs protéines de transport des acides aminés, et que ses éventuels défauts pourraient contribuer aux maladies caractérisées par des pertes d'acides aminés, telles que la maladie de Hartnup ou le diabète de type 1. La collectrine n'est-elle pas contrôlée par le facteur de transcription HFN1a, connu pour être lié au diabète juvénile, maladie conduisant entre autres à la fonte musculaire par élimination des acides aminés (cachexie) ?